Oui, ok, le titre est un peu aguicheur et taquin.
« Comment créer du contenu pertinent dans un océan de vacarme ? » Cette question, à quelques termes près m’a été posée par Damien Lanneau, fondateur du projet « Les curiosités« . Avec son association, Damien propose des expériences conviviales, vivantes et originales, festives parfois, pour se questionner sur des tonnes de sujets et re-créer du lien, entouré de gens curieux et engagés.
On s’était rencontré en octobre pour parler de son besoin de création de contenus et au bout d’une demi-heure de visio, une question le taraude. « Je me demandais Amandine, comment est-ce que tu fais, toi, pour créer du contenu qui ne va pas se noyer dans tout ce flux d’autres vidéos et qui peut continuer d’intéresser dans le temps ? Quand on voit aujourd’hui les tendances, j’ai personnellement du mal à me reconnaître, je ne sais pas si j’ai envie d’ajouter ma contribution à tous ces contenus déjà existants sur ces plateformes ».
Je prends le temps de la réflexion et je réponds : « Pour moi, ça passe par le message que tu décides de communiquer. Je crois qu’il faut rester authentique, montrer ce que tu ressens réellement et ne pas forcément suivre ces fameuses tendances ». Mais ensuite me vient à l’esprit que nos contenus dépendent irrémédiablement des plateformes de diffusion : Meta et Cie. Quand on sait que les algorithmes nous donnent à voir des contenus ciblés (des vidéos de chats ou du métal brûlant qui fait fondre des élastiques et des ballons d’hélium (chacun ses délires), on peut avoir l’impression de toujours voir la même chose.
Et puis, je me souviens que l’année dernière, un de mes profs nous a dit que sur Tik Tok, pour trois vidéos positives, la plateforme nous imposait un contenu difficile à regarder pour faire descendre notre taux de dopamine (l’hormone du plaisir) et nous faire rester encore plus longtemps sur l’appli pour retrouver l’excitation et la joie.

En gros, pour trois vidéos d’aménagement de van et de couchers de soleil face à la montagne, un lama en détresse qui s’est pris la patte dans un fil barbelé surgit sur l’écran sur une musique de Ludivico Einaudi.
Vite, glissement de pouce vers le haut pour retrouver une nouvelle image plus positive. Ceci dit, cette information n’est pas vérifiée et j’ai eu beau taper cette question sur les moteurs de recherche, aucune étude à ce jour ne peut valider cette hypothèse.
Ce que j’ai trouvé en revanche, c’est tout un tas de fiches conseils pour utiliser les plateformes sociales et gagner en visibilité. Le Blog du Modérateur par exemple, la bible pour tous les community managers, a publié dans un article datant du 14 octobre 2025 que poster plus de onze contenus par semaine sur Tik Tok permettrait de gagner jusqu’à 34% de vues supplémentaires par post. Oui, 11 contenus, soit au moins deux posts par jour, la semaine. À ce taux là, on est en droit de se demander combien les créateurs sont rémunéré… Et bien roulement de tambour, la plateforme a mis en place le Creator Rewards Program pour celles et ceux qui ont un minimum de 10 000 abonnés et qui font 100 000 vues sur les 30 derniers jours (et qui bien sûr propose des contenus non sponsorisés). En gros avec tous ces critères, il est possible de gagner entre 0,40 cents et 1 euro pour 1000 vues, sympa !

Après, il y a moyen de moyenner comme dirait l’autre. On l’a évoqué plus haut mais le sponsoring est un réel outil pour gagner de l’argent de nos jours : produits offerts, placements de produits, publicité. Vous savez, ce genre de pubs qu’on voit six fois en une vidéo… Bon grâce à ça, on sait par quoi remplacer le café au petit déj’, quel VPN utiliser pour regarder Love Is Blind US en avant-première ou quel cadeau acheter pour noël dès le mois d’octobre.
Enfin, si on a pas envie de devenir Squeezie tout de suite, on peut comme à l’ancienne (et personnellement c’est ce que j’aime faire avec Instagram) créer pour simplement l’amouuuuur du partage. En ce qui me concerne, j’adore regarder des vidéos avec de belles images qui proposent une réflexion sur le monde. Et non, ça n’est pas faire du mépris de classe car j’adore aussi m’esclaffer devant les vidéos de Moguiz ou regarder des vidéos de bébés avec des réactions presque adultes. (Ne me jugez pas trop s’il vous plaît, je vous ouvre mon cœur, là).
Allez puisque vous le demandez, voici mon TOP 5 des créateur·rice·s de contenus qui donnent envie de sortir au grand air, d’arrêter de trop scroller et de vivre plus lentement.
Le journal de bord culturel de La Machine Infernale
Sur le compte Instagram de Capucine Lancien, aka La Machine infernale, vous trouverez des recos de films, de musiques, d’expositions, de festivals. À chaque fois, ses recommandations sont illustrées de ses propres dessins et sont annotées à la main, ce qui personnellement m’a donné des envies de me mettre au scrapbooking.
Les challenges photo de Images en Boîte
Derrière Images en Boîte se cachent deux photographes. Avec leur série « D’Un Œil à l’Autre », ils ont une journée pour prendre une photo sur un thème particulier avec une contrainte imposée. Si vous aimez la photographie et les making-of, venez découvrir leur processus créatif.
Les Reels poétique de Mialenvers
Allez fouiller dans l’onglet Reels de Mïa, vous trouverez une série de vidéos où la créatrice met en avant ses proches, ses moments de vie sur une musique douce. De un c’est beau et réconfortant, de deux, ça fait ressentir des émotions fortes, et de trois, ça montre la puissance des liens entre humains.
Les hommes ont aussi besoin de parler avec Rico Raconte
Aymeric (et non Rico) partage ses pensées en vidéo, il parle de ses amis, de sa relation amoureuse, il essaye de trouver du sens au voyage… Des réflexions parfois philosophiques sur sa vie et sur le monde qui l’entoure sans faux semblants, mais toujours avec une pointe de poésie. Franchement, c’est un régal.
Les vlogs pleins de douceur de Laura Travel Book
Laura Pasquet est illustratrice. Sur son compte, vous rencontrerez la douceur : des sessions dessin en pleine nature, des trouvailles de brocante, des motifs fleuris un peu partout (tant dans sa déco que dans sa garde robe), le tout avec une voix off douce comme du miel et des musiques calmes. Plus cocooning, ça n’existe pas.
Alors, comment créer du contenu « pertinent » dans un océan de vacarme ? Peut-être simplement en acceptant que la pertinence ne se mesure pas au nombre de vues, mais à la sincérité du message et à la justesse de l’intention. Dans un monde saturé d’images et de sons, ce qui résonne encore, ce sont les voix qui ne trichent pas. Alors peut-être que créer du contenu authentique, c’est choisir de ne pas crier plus fort que les autres, mais de parler vrai et de laisser le reste suivre son cours.
